Se prendre pour Jackson Pollock… 

Se défouler, lâcher prise, se libérer des tensions de la semaine … ça vous parle ? Oui, mais mis à part le jogging ou toute autre activité sportive, n’y aurait-il pas un petit truc plus sympa ? Se libérer en créant, quitte à se prendre pour un artiste ? Voici une adresse ouverte depuis l’automne 2025, située sur les grands boulevards à Paris 9e et que j’ai eu envie de tester : Paint Invaders ! 

Il y a quelques années, vous avez peut-être entendu parler du concept tendance de Demolition Party. Ainsi, un lieu aussi prestigieux que le Royal Monceau avait organisé une « démolition party » très VIP, avant ses travaux de rénovation. Certains ont surfé sur la vague proposant des séances de casses, encadrées et hyper protégées de 15 min type Fury Room. Dans un registre plus intime, certaines approches de développement personnel — comme celles évoquées par Marie-Pierre Dillenseger — recommandent d’évacuer les tensions en déchirant un vieux torchon ou en cassant une pile d’assiettes. J’ai testé et ça libère à condition d’avoir de bonnes réserves d’assiettes et des voisins conciliants.

Aujourd’hui, j’ai mieux à vous proposer. Avez-vous entendu parler de Paint Invaders ? Il s’agit d’un nouveau lieu, ouvert depuis fin septembre 2025, au 4 boulevard Poissonnière, juste en face du Grand Rex : ici, le défoulement prend la forme d’une action painting quasi thérapeutique. Rendez-vous pris, j’ai testé et vécu de façon hypnotique cette séance. Un cadeau à se faire pour se faire du bien… et qui sait réveiller une vocation en sommeil ? 

Un concept, une histoire, deux entrepreneurs

Le jour de ma séance, il y avait même une équipe de tournage de BFM TV, ce qui m’a permis de témoigner au micro de la journaliste. Pour ma part, voulant comprendre le projet, j’ai eu la chance d’échanger avec Nicolas Mareuse, cofondateur du lieu, et son associée Anna Verz. Formé à l’École hôtelière de Glion, en Suisse, Nicolas s’est d’abord illustré dans l’univers du divertissement immersif avec Phobia Escape Game, une première aventure entrepreneuriale couronnée de succès. L’envie d’innover est plus forte ; alors, il revend de la société. Avec Anna, il imagine un nouveau concept, destiné aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers : amis, familles, événements privés. Un lieu expérientiel, nourri d’un storytelling discret, mais structurant, héritage assumé de l’escape game, où chacun devient acteur de sa propre aventure créative.

800 m² pour renouer avec ses émotions

Dès l’arrivée, le ton est donné. L’accueil est chaleureux, le briefing clair et rassurant : tout est pensé dans les moindres détails. Puis on descend littéralement, dans les entrailles d’un espace de 800 m², à l’atmosphère résolument underground : l’immersion de l’action painting commence. Mais je vous laisse la primeur du story telling… à découvrir. On enfile une combinaison protectrice — entre le cosmonaute et l’artiste en résidence ! — . Et détail rassurant (et non négligeable) : la peinture est à l’eau, ça ne tache pas. Autrement dit, on peut se lâcher sans arrière-pensée.


Une filiation assumée… sans dogme artistique

« Quand je peins, je n’ai pas conscience de ce que je fais. C’est seulement après une sorte de période de “prise de conscience” que je vois ce qui est arrivé. » — Jackson Pollock

Cette phrase résume parfaitement l’esprit de Paint Invaders, même si l’expérience proposée ici ne revendique ni démarche artistique, ni approche académique. Il ne s’agit pas de produire une œuvre au sens muséal du terme, mais bien de vivre un geste, un moment d’intensité, de présence à soi.

Comme le rappelait un article de Beaux-Arts Magazine à propos de Pollock :

« Pollock peint dans sa grange et met au point l’action painting en 1947. À même le sol et sur de grandes surfaces, il n’utilise plus de pinceaux, mais projette la peinture sur la toile de manière aléatoire (à l’aide d’un bâton, par exemple), au cours d’une danse qui évoque les rituels indiens. Le geste, rapide et technique, est qualifié de dripping (on surnomme le peintre “Jack the Dripper”). Ses œuvres dégagent une énergie immense, une recherche d’absolu et d’immédiateté. »

Lâcher prise, vraiment

Devant soi : une toile, un chariot, une palette de six couleurs, des éponges, des fouets, des racloirs. En fond, une musique enveloppante, une lumière presque psychédélique. C’est à vous de jouer seul, face à la toile blanche ! Entre le gant de boxe et le fouet, j’ai testé plusieurs approches, mais mon gros coup de cœur est allé au racloir, qui permet des lancers amples et précis, laissant apparaître de véritables traces de lignes, presque graphiques. Ça coule, ça s’entrelace… ici, des coulures. Plus haut, un effet de relief. Le geste est physique, le résultat immédiat, profondément satisfaisant. On ne pense pas, on fait. Et vous pouvez vous prendre pour Pollock, convoquer les expérimentations plus contemporaines de Gerhard Richter, ou tout simplement faire sans référence, sans attente, sans jugement. L’expérience est étonnamment immersive, hypnotique, presque méditative.

L’ambiance est bienveillante. Chacun est concentré sur sa propre œuvre, vit son expérience à son rythme. Et pourtant, il suffit de jeter un œil autour de soi pour être frappé par la diversité des résultats : les approches sont multiples, les univers singuliers, les toiles souvent bluffantes. Une heure trente plus tard, le verdict est là. Inattendu. Satisfaisant. Parfois même étonnant.

Vous repartez avec votre toile — rectangulaire ou en forme de cœur — prête à rejoindre votre collection privée. Le souvenir tangible d’un moment unique, d’un lâcher-prise assumé. Rien à dire sur le packaging remis à la sortie. Accro ? Un peu, oui ! J’ai même demandé s’il existait des abonnements. Pas encore. À moins que cette expérience n’ait réveillé en moi une vocation d’artiste… Il ne me resterait alors plus qu’à trouver un atelier.

Infos pratiques

Paint Invaders – 4 boulevard Poissonnière, Paris 9ᵉ (face au Grand Rex) – Site : www.paintinvaders.com 

Les différentes formules et tarifs sont détaillés directement sur le site, selon la durée, le format de toile et le type d’expérience (particuliers, groupes, entreprises).

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