Petit abécédaire de mon escale Thalazur à Carnac (Morbihan)

Crédit Florence Batisse-Pichet

Entre carnet de bord et récit, j’ai finalement choisi la forme de l’abécédaire pour raconter mes six jours de cure* autour d’un programme de 24 soins entrecoupés de marche au bord de l’océan Atlantique, sans oublier les plaisirs de la table du restaurant des Salines. Une escale résumée de A à Z. Carnac est la neuvième escale du groupe Thalazur : une destination bien-être pour préserver son cap intérieur. Entièrement rénové après 22 mois de travaux et 50 millions d’euros d’investissement, l’établissement 4 étoiles a rouvert en novembre 2025.

A — Alignements

« Depuis juillet 2025, les mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO » Crédit Florence Batisse-Pichet

Impossible d’évoquer Carnac sans penser à ses mythiques alignements. Dès la sortie de la gare d’Auray, le détour s’impose. Frédéric, notre chauffeur qui assure le transfert de la navette Thalazur, est intarissable sur l’histoire du département et de la ville. Il exauce ma requête. C’est ainsi que, dans la lumière de fin d’après-midi, même s’ils ne sont pas aussi gigantesques que dans mon imaginaire, je vois surgir les premiers menhirs. Que de mystères autour de ces alignements vieux de près de six mille ans ! Ceux de Carnac constituent l’un des plus grands ensembles mégalithiques d’Europe : ils s’étendent sur près de 4 km. Le site, qui se déploie en plusieurs ensembles — Ménec, Kermario et Kerlescan — continue d’interroger archéologues et visiteurs. Ici, l’histoire se lit à ciel ouvert. Comme le souligne avec fierté notre guide improvisé : « Depuis juillet 2025, les mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO… » Une reconnaissance tardive, mais largement méritée.  Conseil : une visite guidée est possible avec un spécialiste en contactant l’office de tourisme (principalement en haute saison). Pour un simple aperçu, il est facile de s’y rendre à pied depuis l’établissement Thalazur, en prenant la direction de la Maison des Mégalithes. Attention : fermeture à 17 h ! Pour en savoir plus : www.menhirs-carnac.fr

B — Bretagne (entre février et mars)

La météo lors de mon séjour de fin février me donnera parfois l’illusion d’être sous le ciel azur de la Méditerranée. Le lendemain de mon arrivée sous la pluie, le ciel se révèle d’un bleu éclatant ; les jours suivants, le crachin breton fera quelques passages éclairs, mais discrets. Après des mois de pluie, habitants comme personnel de l’établissement ne cachent pas leur bonheur face au retour de cette lumière quasi printanière. Car dès que le soleil se montre, l’appel de la plage devient irrésistible. Marcher dans l’eau glacée, respirer à pleins poumons l’air iodé, écouter le flux et reflux des vagues : autant de rituels simples pour accompagner la cure. Les plus courageux — souvent des habitués de la commune — que je croise un matin ont rendez-vous pour leur séance de longe-côte. Échauffements sur le sable, puis immersion progressive. On les voit avancer en ligne, sauter au passage des vagues, toutes générations confondues. Pour les promeneurs comme moi, les possibilités sont multiples : longer le littoral, emprunter le chemin des douaniers ou partir vers les cinq plages emblématiques — Beaumer, la Grande Plage, Légenèse, Ty Bihan et Saint-Colomban — dont la petite chapelle et les maisons de pierre méritent le détour. Dédiée à un moine irlandais missionnaire qui ne mit pourtant jamais les pieds en Bretagne, elle abrite une étonnante fresque navale du XVIᵉ siècle, découverte lors d’une restauration dans les années 1960. Conseil : pour en savoir plus sur le village de Saint-Colomban – www.ot-carnac.fr

Crédit Florence Batisse-Pichet

C — Carnac / Karnag

Saviez-vous que Carnac vient du breton karn, qui signifie « amas de pierres » ? Nous sommes bien sur un territoire né du minéral, avec ses alignements bien sûr, mais aussi ses chapelles, ses villages et ses légendes. Ainsi de celle de Saint Cornély, qui a donné son nom à l’église de la commune. Selon la tradition, ce pape du IIIᵉ siècle, poursuivi par des soldats romains, aurait fui jusqu’aux rivages de Carnac. Acculé face à la mer et ne trouvant aucun bateau pour s’échapper, il se serait retourné et aurait pétrifié ses poursuivants d’un geste. Les soldats païens seraient alors devenus les menhirs que l’on voit aujourd’hui alignés dans la lande. La légende explique ainsi, à sa manière, l’origine mystérieuse des pierres dressées, parfois surnommées « les soldats de saint Cornély ». L’église qui porte son nom, construite au XVIIᵉ siècle, perpétue une tradition étonnante : chaque année, fin septembre, lors de la procession dédiée au saint, les habitants viennent faire bénir leurs animaux — chevaux, vaches, chiens et chats, chèvres et moutons… Une coutume qui rappelle combien la vie rurale et la foi locale restent intimement liées. Entre mer, pierre et spiritualité, Carnac cultive un charme discret. Un territoire où l’on marche beaucoup, où l’on respire profondément, et où l’on comprend vite que le paysage participe lui aussi à l’expérience de la cure. Coup de cœur pour la petite librairie Le P’tit Monde de Zabelle, et son espace consacré à la littérature jeunesse.

D — Dendro

La pulsothérapie avec le Dendro restera l’une des expériences les plus intrigantes de la cure. Allongée sur la table, les jambes enveloppées dans une sorte de combinaison gonflable, j’ai soudain l’impression de m’équiper pour un voyage spatial. Mais la véritable surprise vient du petit capteur placé au bout du doigt : c’est lui qui donne le rythme. Le système se gonfle et se dégonfle en suivant exactement les pulsations cardiaques. Compression, relâchement, puis à nouveau compression. Très vite, la sensation devient fascinante : les jambes semblent respirer, comme si l’ensemble du corps se synchronisait à ce mouvement intérieur. Une mécanique sophistiquée, au service d’une chose très simple : remettre la circulation en mouvement. Assurément, on en ressort regonflé à bloc, la circulation relancée. Conseil : profiter de ce moment — comme lors de chaque soin — pour respirer profondément et s’exercer à la visualisation et au lâcher-prise.  

E — Escale

Carnac est la neuvième escale du groupe Thalazur. Entièrement métamorphosé après vingt-deux mois de travaux, l’établissement a rouvert ses portes en novembre 2025 à 5 min à pied de l’océan. Construit dans les années 1970 et longtemps exploité sous l’enseigne Novotel, le bâtiment a connu plusieurs vies avant d’être entièrement repensé. Sous la direction du cabinet CBA Architectes et du décorateur Nicolas Thermed, les espaces ont été redessinés dans un esprit lumineux et apaisant. Le décor joue sur l’omniprésence du végétal et le mélange des matières — bois, verre et textures naturelles — créant une atmosphère douce et contemporaine. Les volumes généreux et les larges ouvertures sur l’extérieur donnent parfois l’impression d’être à bord d’un vaste paquebot de près de 200 chambres, tourné vers l’horizon. Avec près de 4 500 m² dédiés au spa et à la thalassothérapie, l’escale carnacoise s’inscrit dans la constellation des neuf destinations Thalazur — de Ouistreham à Saint-Jean-de-Luz — toutes reliées par un même fil conducteur : la mer comme source de soin et d’équilibre.

F — Flotter…

Dans l’un des deux bassins chauffés à 34 degrés, j’ai rendez-vous pour une séance de sophrologie aquatique — appelée Aguasofro. Nous sommes quatre curistes pour cette expérience singulière. La voix calme de la sophrologue nous invite d’abord à quelques mouvements des bras pour délier les tensions, puis à de rapides battements pour réveiller le corps. Après cette première mise en mouvement, équipés d’une frite pour soutenir les jambes et d’une corolle placée derrière la tête, nous nous laissons porter tels des nénuphars. Une couverture aquatique posée sur les jambes, une chaufferette que l’on dépose sur le ventre ou le plexus solaire : le corps flotte sans effort. On pourrait presque se croire dans les eaux de la mer Morte. L’eau devient un cocon. Le mental ralentit. On ne nage pas, on se laisse simplement dériver. Très vite, chacun rejoint le paysage intérieur qu’il a choisi. La sensation d’apesanteur s’installe, pour un voyage immobile… en flottaison. Pour en savoir plus : lire mon entretien avec Marie Heurtier, praticienne d’Aguasofro, réalisé après une séance à Thalazur Saint-Jean-de-Luz.

G — Gommage

En thalasso, le gommage est souvent le premier geste du rituel. Une manière de réveiller la peau et de préparer le corps aux soins suivants. Au fil de la cure, j’en découvre plusieurs variations. Le premier, très enveloppant, mêle huiles d’amande et d’abricot, pétales de rose et sel de la mer Morte. Recto, verso : les gestes réguliers éliminent les cellules mortes et permettent à la peau de retrouver peu à peu sa respiration. Un autre soin exfoliant précède un enveloppement aux algues, laissant sur la peau une sensation à la fois tonique et veloutée. Chaque formule a sa texture, son parfum, son intention. Très vite, on comprend que le gommage n’est pas seulement esthétique. Il agit comme un prélude. Une manière de remettre le corps en disponibilité pour les bains, les enveloppements et les massages qui suivent. À la sortie, la peau est douce, comme neuve. Et l’on se surprend à respirer… par tous les pores.

H — Hydrothérapie

Au fil de la cure, j’en découvre plusieurs déclinaisons. Le bain bouillonnant d’abord, enrichi de cristaux marins Thalazur, où l’eau chaude chargée en sels marins enveloppe le corps dans une sensation de flottaison presque immédiate. Vient ensuite la douche sous affusion : une pluie continue d’eau chaude qui se déverse le long du corps, régulière et enveloppante. Plus tonique, la douche Océane est dirigée par un hydrothérapeute qui module les jets avec précision. Les pressions alternent, relançant la circulation et dénouant les tensions. Autre expérience marquante : le jet hydromassant en bassin. Debout dans l’eau chaude, on se laisse masser par le jet dirigé avec douceur par le praticien, d’abord sur les jambes, puis le dos et les épaules. Enfin, le lit hydromassant vient compléter l’ensemble : allongé, le corps repose tandis que les jets d’eau circulent sous la table pour stimuler en douceur toute la colonne vertébrale. Autant de variations autour d’un même élément : l’eau de mer et ses vertus.

I — Iode

À Carnac, l’iode n’est jamais loin. Il suffit de quitter l’établissement et de rejoindre la plage pour sentir immédiatement l’air marin remplir les poumons. Chaque jour, je prends l’habitude de marcher le long du rivage. Quelques pas dans les vagues, le bruit régulier de la mer, les embruns portés par le vent : la respiration s’élargit naturellement. Les curistes parlent souvent des bienfaits de l’eau de mer, mais l’air marin agit lui aussi comme un soin. Chargé de sels minéraux et d’oligo-éléments, il stimule la respiration et apporte une sensation de vitalité immédiate. À Carnac, la cure ne se limite pas aux cabines de soins. Elle se prolonge dehors, face à l’océan. Conseil : ne pas se priver de ce simple bol d’iode, à portée de marche.

J — Jeûner

Les soins se succèdent, les bains stimulent la circulation, les massages relancent l’énergie. Effet inattendu de la cure : je saute parfois le petit-déjeuner ou le déjeuner sans même m’en apercevoir. Non par contrainte, simplement parce que le corps ne réclame rien. Peu à peu, l’appétit se transforme. On mange plus légèrement, plus lentement. Je découvre ainsi une forme de jeûne très doux, presque instinctif. Le corps semble occupé ailleurs : à récupérer, à éliminer, à retrouver son équilibre. La marche quotidienne le long de la mer suffit alors à nourrir l’élan du moment. Comme si la cure invitait naturellement à alléger autant l’assiette que l’esprit. Motus… le chef en serait certainement vexé. Conseil : la demi-pension peut largement suffire et permet ainsi de combiner la cure avec une véritable détox.

K — Kinésithérapeutes

À Thalazur Carnac, la cure ne repose pas seulement sur les bains et les enveloppements. L’un des grands atouts de l’établissement, comme le souligne, Emilie Le Touze, la spa manager, c’est la présence de quatrekinésithérapeutes au sein de l’équipe. Ce sont eux qui dispensent certains des soins les plus techniques de la cure. Avec Sonia, la responsable de l’équipe, je découvre la méthode AXO, un massage profond qui mêle techniques sportives, drainage lymphatique et manipulations inspirées de l’ostéopathie. Un travail précis, parfois intense, mais remarquablement efficace pour relancer les tissus. Un autre jour, c’est Augustin, un kiné qui pratique le soin QChi-Line, inspiré des méridiens énergétiques, tandis que la séance de LPG vient prolonger ce travail de détoxification. Leur approche ne se limite pas au massage : lors d’une séance d’auto-massage, ce dernier m’enseigne quelques gestes simples pour soulager les tensions du quotidien — tempes, mâchoires, trapèzes, ventre. Conseil : l’auto-massage est une véritable routine à adopter. Les mouvements sont faciles à reproduire chez soi. 

L — LPG

Autre étape du travail en profondeur sur les tissus : le soin LPG, souvent résumé à un palper-rouler technologique. Après un rapide questionnaire pour identifier d’éventuelles contre-indications, le kinésithérapeute programme la machine selon les zones à traiter. Allongée sur le ventre puis sur le dos, je me laisse guider par les rouleaux motorisés qui aspirent, soulèvent et malaxent la peau de manière très précise. La sensation est différente d’un massage manuel : plus rythmée, presque mécanique, mais étonnamment efficace. On sent les tissus se mobiliser, la circulation se relancer. Dans le cadre de la cure, le LPG vient prolonger le travail engagé par le massage AXO : détoxifier, stimuler les échanges et remettre le corps en mouvement. Vingt minutes seulement, mais un soin qui ne laisse pas indifférent.

M — Massage signature

Au fil de la cure, les massages s’enchaînent comme autant d’escales. AXO, QChi-Line, massage polynésien… Ma cure à Carnac m’offre ainsi un voyage dans le voyage, chaque protocole invitant à un ailleurs différent. Il existe même une cure « Massages du monde », un véritable tour du monde des techniques de modelage, dont j’ai un bon aperçu.  L’AXO travaille les tissus en profondeur, presque comme un massage sportif. Le QChi-Line s’inspire des méridiens énergétiques pour rééquilibrer les flux du corps. Le massage polynésien, lui, invite au lâcher-prise avec ses mouvements amples et enveloppants. Mais mon véritable coup de cœur restera le massage signature Thalazur, nouveauté 2026, qui clôt la cure en point d’orgue. Tout commence par trois respirations profondes, comme un rituel d’entrée dans le soin. Puis un gommage des pieds prépare le corps à la suite. Le massage se déploie ensuite avec une remarquable fluidité : profond sans être brutal, tonique tout en restant enveloppant. Les mains travaillent les muscles, mobilisent les articulations, étirent doucement les membres. Rien n’est laissé de côté. La séance s’achève par le choix d’une texture — crème nourrissante, gel ou lait — appliquée en touches finales. Je quitte la cabine sereine, presque revivifiée. Un tapis volant aurait été bienvenu pour me transporter jusqu’à la salle de repos.

N — Nuit

Après les soins, la nuit devient presque un soin à part entière. Le corps, stimulé toute la journée par les bains, les massages et les marches en bord de mer, semble trouver naturellement le chemin du sommeil. À Carnac, les nuits sont profondes, silencieuses, comme bercées par la présence toute proche de l’océan. La qualité de la literie avec le lit King size n’y est pas étrangère. Sur la table de nuit, un petit guide du sommeil est même déposé dans la chambre. Il rappelle quelques règles simples : ralentir le rythme en fin de journée, s’hydrater, limiter les écrans, profiter de l’air marin. La télévision elle-même reste sagement éteinte : on n’a guère envie de l’allumer, sinon peut-être pour écouter un peu de musique avant de s’endormir. Après plusieurs heures passées entre eau chaude, massages et marche iodée, l’endormissement devient presque immédiat. Une nuit réparatrice — et l’impression, au réveil, d’avoir laissé derrière soi une bonne part de fatigue.

O — Oiseaux (île aux)

Face à l’établissement, depuis mon balcon se dessine un petit territoire inattendu : l’île aux Oiseaux. On y accède facilement par une courte digue de terre qui traverse un marais salant. Depuis les balcons des chambres, la vue donne presque l’impression d’être à bord d’un navire amarré face à ce paysage. Chaque matin, le spectacle recommence. Des cygnes glissent tranquillement sur l’eau, quelques oiseaux se posent dans les herbes basses, tandis qu’on imagine qu’à la belle saison, les curistes viennent profiter du parcours de santé et des appareils de musculation installés sur l’île pour démarrer la journée au grand air. Très vite, ce petit bout de terre devient un repère familier. Un lieu simple où l’on marche, où l’on respire, où l’on observe la vie du marais. Une autre manière de prolonger la cure, dehors. Conseil : profitez des bancs pour prolonger la méditation !

Crédit Florence Batisse-Pichet

P — Pô (anse du)

Côté plages, l’anse du Pô fait partie des incontournables. Niché au cœur de la baie de Quiberon, cet ancien petit port ostréicole de Carnac a conservé tout son charme. Les cabanes des producteurs s’alignent face à l’eau calme tandis que de nombreux oiseaux viennent s’y poser en toute saison. L’anse du Pô offre à la fois une grande richesse naturelle et des paysages paisibles, presque hors du temps. On y vient pour marcher, observer les marais et, bien sûr, goûter les fameuses huîtres de Carnac, élevées ici même. Un plaisir que l’on retrouve chaque jour à la table du restaurant Les Salines, où elles sont servies avec une fraîcheur irréprochable. Conseil : ne pas quitter Carnac sans faire un détour par ce petit port ostréicole emblématique.

Q — QChi-Line

Les méridiens sont de la partie à Carnac. Cap vers l’Asie avec le massage QChi-Line, dispensé par un kinésithérapeute. Inspirée des principes énergétiques orientaux, cette technique s’appuie sur les douze méridiens du corps pour rééquilibrer les flux et relancer la circulation de l’énergie. Du crâne aux pieds, les gestes alternent digipressions légères et effleurements doux. Le dos, les trapèzes, les bras, les jambes puis le ventre sont travaillés avec une gestuelle précise, presque chorégraphiée. La sensation est étonnante : un travail profond, mais d’une grande douceur. Peu à peu, les tensions se dissipent, le système nerveux s’apaise et le corps entre dans un état flottant, à mi-chemin entre veille et demi-sommeil. J’aime cet effet de poupées russes et de voyage dans le voyage. Conseil : boire beaucoup d’eau après la séance pour accompagner le travail de détoxification.

R — Respiration

Fil rouge de la cure. Elle ouvre les massages et accompagne plusieurs moments de détente. Trois inspirations profondes pour entrer dans le soin, quelques expirations lentes pour laisser les tensions se dissoudre. Lors d’une séance guidée avec Anne, je découvre plus concrètement le travail autour du souffle et les principes de la cohérence cardiaque. Inspirer lentement, expirer au même rythme, laisser le corps se caler sur ce mouvement simple. Peu à peu, le système nerveux s’apaise, le mental ralentit. Ce qui semblait au départ un exercice presque banal devient un véritable outil. Un geste accessible à tous, que l’on peut reproduire facilement au quotidien. À Carnac, entre le rythme de la cure et l’air marin, respirer redevient presque instinctif. Conseil : pour apprivoiser cette routine, mieux vaut privilégier les accompagnements strictement audio.

S —Les Salines

Aux Salines, le restaurant de l’établissement, la cure se poursuit dans l’assiette. La cuisine joue la carte des produits locaux et des légumes de saison, dans un esprit à la fois créatif et équilibré. La carte elle-même raconte le territoire : une petite carte géographique précise l’origine de certains produits, invitant presque à un jeu de piste gourmand. Au fil des jours, les assiettes alternent entre mer et terre : huîtres de l’anse du Pô, poissons délicatement saisis, légumes travaillés avec inventivité. Mention spéciale pour certaines créations végétales, comme les variations autour du maïs ou de l’aubergine. Et bien sûr, difficile de résister aux douceurs bretonnes : galettes de sarrasin salées et crêpes de froment, caramel au beurre salé, ou far revisité (avec un stand dédié chaque mardi et jeudi, à midi et le soir) ! 

T — Tisanes

Partout, dans les espaces de détente, de grandes tisanières (tisanesThalgo) invitent à s’hydrater tout au long de la journée. Il est également possible de remplir son gobelet aux fontaines d’eau (plate ou à bulles) — il y en a une à chaque étage de l’hôtel. Après les bains, les massages ou les séances de relaxation, boire devient presque un réflexe. Les praticiens le rappellent souvent : l’eau et les infusions sont indispensables pour accompagner le travail de détoxification engagé par les soins. Au fil de la cure, ces pauses deviennent un rituel. Entre deux soins, prendre quelques minutes de calme dans le salon de repos bien au chaud sur les chaises longues — des plaids sont mis à disposition — autour d’une tisane devient un geste simple, mais essentiel. Conseil : soucieux d’une démarche RSE, l’établissement propose des gobelets en carton. Certains curistes — souvent parmi les plus jeunes — ont le réflexe d’utiliser leur gourde, désormais adoptée dans de nombreuses entreprises. Pour ma part, j’avais emporté un mug isotherme reçu avant mon séjour : très pratique ! 

U — Unité

Au fil des jours, la cure opère un rapprochement discret : celui du corps et de l’esprit. Les soins relancent la circulation, les massages dénouent les tensions, la respiration ralentit le rythme intérieur. Les marches en bord de mer, l’air iodé et les moments de repos prolongent ce travail invisible. Peu à peu, quelque chose s’apaise. Le mental lâche prise, le corps retrouve sa fluidité. Une forme d’unité se crée alors, simple, mais précieuse : celle d’un organisme qui recommence à fonctionner en harmonie.

V — Vitalité

N’est-ce pas cette quête de vitalité que l’on vient chercher en faisant une cure ? Retrouver, le temps de cette parenthèse, un regain d’énergie parfois perdu. Si les soins profonds stimulent la circulation et que les massages relancent l’organisme, les marches quotidiennes en bord de mer oxygènent le corps. La combinaison de l’air iodé, des bains chauds et des moments de repos crée un équilibre inattendu entre activité et détente. La fatigue des premiers jours laisse place peu à peu au lâcher-prise. On traverse d’abord une sorte de légère fatigue, avant de retrouver, quelques jours plus tard, une sensation plus tonique. Le corps semble plus léger, plus disponible. Comme si l’énergie retrouvait peu à peu son chemin. Un travail subtil qui donne parfois envie de prolonger l’expérience en adoptant chez soi quelques routines bien-être pour préserver cette vitalité retrouvée. 

W — Wellness

Une fois n’est pas coutume, j’aurai recours ici au terme anglais wellness, qui me semble particulièrement bien adapté pour résumer le bien-être ressenti au fil de ces six jours de cure.Plus qu’une simple parenthèse de détente, tout est pensé pour réharmoniser le corps et le mental. Soins, respiration, mouvement : tout concourt à recréer un équilibre durable. Entre les soins, il est possible de profiter de la salle de fitness, des cours d’aquagym, du hammam et sauna, du parcours marin intérieur et extérieur avec lits hydromassants, bains bouillonnants, geysers, cols de cygne, plaques à bulles, sans oublier le bassin de nage.Oserai-je vous confier qu’à mon retour de Carnac, j’ai pris un abonnement dans le Wellness Center à côté de chez moi ? 

X, Y, Z — Le salto final

Sur ce trio infernal qui clôt tout abécédaire, je ne tenterai pas une simple pirouette, mais un véritable salto. Entre le Yin tentant et la tentation d’une attitude très Zen, j’opte finalement pour un zeste d’humour avec un sonore « ZUT ! ». Ce fut d’ailleurs le cri du cœur qui m’échappa le deuxième jour de la cure lorsque, presque en lévitation après l’un des massages — l’AXO, de mémoire, ce qui tombe à merveille, puisqu’il fallait bien faire honneur au « X » — j’attendais en vain… dans la mauvaise zone (youpi, un autre « Z » !) et manquais ainsi le soin suivant. Chapeau bas pour l’accueil du spa : aussitôt un autre créneau me fut proposé. La zénitude, finalement, aura bien été le véritable point d’orgue de cette escale. Conseil : oubliez l’agenda et les rendez-vous business. Ici, le seul planning à suivre est celui des soins. Une petite fiche avec votre planning sous plastique vous est remise à l’arrivée : mieux vaut la garder toujours sur soi pour ne pas se tromper d’horaire… ou de zone, comme cela m’est arrivé ! Heureusement, les horloges sont nombreuses dans l’établissement — dans les couloirs, près des bassins et dans les espaces de détente — pour rappeler que, même en cure, le temps garde son importance.

Pour préparer votre séjour :

Thalazur Carnac – 2 avenue de l’Atlantique – 56 340 Carnac – Tél. : +33 (0) 2 97 52 53 54

Accès en train depuis la gare Montparnasse – arrêt Auray – (transfert gratuit prévu par l’établissement Thalazur)

inforeservation@thalazur.frwww.thalazur.fr

Office du tourisme du Morbihan

*Ce séjour a été effectué sur invitation de Thalazur Carnac dont je remercie toutes les équipes.

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