Trois idées de lecture autour de la famille et de la transmission avec les finalistes du Prix du Livre Nohée 2026

Les trois finalistes du Prix du Livre Nohée 2026

Je dois vous faire un aveu : je ne suis pas tout à fait objective sur le sujet qui suit. Je suis la secrétaire générale du Prix du Livre Nohée, et c’est à ce titre que je pilote chaque année la veille éditoriale, la sélection des six titres en compétition et le suivi du vote des lecteurs. Mais je suis aussi, et d’abord, une lectrice. Et cette édition 2026 me donne particulièrement envie d’en parler ici, sur le blog Chemin Lisant.

Parce que les trois finalistes désignés cette année sont trois très beaux livres. Parce que les lecteurs qui les ont choisis m’ont, une fois de plus, impressionnée. Et parce que ce prix, singulier dans son fonctionnement, mérite qu’on s’y arrête.

Comment ça marche ?

Chaque année, six romans ou récits en langue française explorant les thèmes de la famille, de la filiation et de la transmission sont réunis dans un coffret proposé aux membres du Club de Lecture Nohée — présent dans 39 résidences à travers la France, en partenariat avec la librairie Mollat. Pendant six mois, les lecteurs lisent, échangent, débattent. Puis ils votent. Ce sont eux — et eux seuls — qui désignent les trois finalistes. Le jury présidé par la comédienne Brigitte Fossey, aux côtés de Francesca Mantovani (photographe), Élodie Fondacci (journaliste et animatrice sur Radio Classique), Pascale Senk (journaliste, auteure et animatrice d’ateliers d’écriture), Éric Bouhier (écrivain, auteur du Dictionnaire amoureux de San-Antonio) et Philippe Grimbert (écrivain et psychanalyste), choisit ensuite le lauréat parmi ces trois titres. Le nom du lauréat sera dévoilé en octobre 2026.

Ce que j’aime dans ce dispositif ? Il place le lecteur au cœur du processus de sélection — aux côtés du libraire, partenaire essentiel de la veille éditoriale, et avant le jury.

Et ces lecteurs-là ont du goût.

Un recueil d’impressions mené auprès des membres des clubs de lecture Nohée révèle un portrait saisissant : majoritairement des femmes, entre 75 et 90 ans — certaines ont même plus de 90 ans —, elles lisent presque toutes chaque jour. Pour s’évader, stimuler leur mémoire, rompre la solitude. Et quand on leur demande quel souvenir de lecture leur revient spontanément, elles citent Proust, Hugo, Dumas, Jules Verne, Agatha Christie, Molière, Prévert. Des lectrices exigeantes, fidèles, passionnées. Ce sont elles qui ont choisi les trois finalistes 2026.

Les trois finalistes

On l’appelait Bennie Diamond, de Michaël Dichter (Éditions des Léonides, janvier 2026). Anvers, années 1970. Le jeune Bennie Goodman préfère les ruelles du quartier des diamantaires aux bancs de la synagogue. Fasciné par les pierres précieuses et l’univers du négoce, il rêve de suivre les traces de son grand-père Yéhuda, qui a fait fortune dans le diamant avant de rompre avec sa famille. Un roman d’apprentissage ambitieux sur la transmission, l’identité et le poids des origines — premier roman de ce scénariste-réalisateur, couronné par le Grand Prix RTL-Lire Magazine 2026. « Saga familiale sur l’héritage et la transmission : le héros cherche sa place entre deux mondes. Le sens de la narration fait merveille ! » note Janine Couret, résidence Nohée Montpellier.

“Saga familiale sur l’héritage et la transmission : le héros cherche sa place entre deux mondes. Le sens de la narration de l’auteur fait merveille !” Janine C., résidence Nohée Montpellier

« Très beau livre qui exprime la volonté de se sortir des sentiers battus. L’amour triomphe et l’histoire se répète, mais la fin n’est pas la même pour tous. » Françoise T., résidence Nohée Thonon-les-Bains

Loin du Mékong, de Louis Raymond (Calmann-Lévy, janvier 2026). Un jeune Français part à la recherche de la tombe de sa grand-mère dans le delta du Mékong. Un siècle plus tôt, une jeune Vietnamienne enceinte quittait sa belle-famille pour rejoindre son mari dans une plantation au Cambodge. Entre enquête intime et grande saga romanesque, un roman sur la mémoire, le métissage et les racines — lauréat du Prix Ouest 2026. « Un roman dense, habité, qui transforme l’histoire familiale en matière littéraire vivante », écrit Yvette Came, résidence Nohée Montpellier.

“Un roman dense, habité qui transforme l’histoire familiale en matière littéraire vivante ; il raconte le manque, l’absence, le regret, le silence, les malentendus nés de l’entrelacs des guerres — tout ce qui fait le tissu du métissage.” Yvette C., résidence Nohée Montpellier

« Livre captivant sur la recherche identitaire et des événements historiques d’un passé oublié, pas si lointain… »

Danièle J., résidence Nohée Mougins

L’enfant à la tête baissée, d’Alexis Salatko (Denoël, août 2025). Alio souffre d’un trouble rare qui l’empêche de manger devant les autres. Moqué, fragile, il trouve refuge dans les livres que sa mère lui met entre les mains. Un récit largement autobiographique, bouleversant, sur l’enfance, la différence et le pouvoir réparateur de la littérature. « Une souffrance psychologique rendue très concrète, un roman original, facile à lire », résume Jocelyne Braize, résidence Nohée Thonon-les-Bains.

“Un récit très émouvant avec le portrait d’un enfant fragile et différent. Point fort : une souffrance psychologique rendue très concrète, un roman original, facile à lire.” Jocelyne B., résidence Nohée Thonon-les-Bains

Le nom du lauréat sera dévoilé en octobre 2026. D’ici là, trois très bonnes raisons de lire.

Pour en savoir plus sur le Prix du Livre Nohée : ici.

Florence Batisse-Pichet
Secrétaire générale du Prix du Livre Nohée — Chemin Lisant

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